Le futur dépend de notre capacité à décentraliser

Voici une carte de France qui me fait réagir et met en lumière, à mon sens, des éléments importants de notre fonctionnement national qui cause plus de difficultés et de dommages qu’il n’en résout. En tout cas c’est mon approche des choses et je ne prétends pas détenir la vérité. J’observe simplement cette situation, et ma vision et réflexion de non expert relève certaines anomalies.

centralisation

Ce qui est présenté ci-dessus est à l’échelle nationale, pourtant certains aspects peuvent se confondre avec une évaluation mondiale de la gestion et la répartition des efforts.

Je ne peux pas évoquer ni imaginer tous les différents sujets impactés par cette répartition de la population et cette productivité par région, je serais d’ailleurs bien prétentieux de prétendre pouvoir le faire, mais je vais présenter plusieurs points qui me parlent personnellement et d’après quelques constats:

  1. Environnement et bio-activité: peut mieux faire

  2. Economie locale: la faillite de la proximité

  3. Logements: manque d’un côté et désertification de l’autre

  4. Santé: sous-dimensionnement et financement

1) Environnement et bio-activité: peut mieux faire

Alors que l’environnement doit être une priorité absolue, nous peinons beaucoup à favoriser le circuit-court.

Def. wikipedia: Circuit-court= circuit de distribution dans lequel intervient au maximum un intermédiaire entre le producteur et le consommateur.

Parlons tout d’abord pollution globale: à méthode de production semblable, il est clair qu’un pays dans lequel les lieux de production de toute la nourriture fournie à la population sont au contact direct de cette même population engendrera le moins de pollution. D’où l’intérêt d’avoir une production agricole développée sur l’ensemble du territoire.

Or qu’engendre la répartition de population figurant sur la carte de France ci-dessus?:

l’utilisation de transports et intermédiaires dans la chaîne de distribution, cette dernière devenant alors tout sauf du circuit-court! Nous, consommateurs et citoyens, sommes perdants sur les prix et sur la pollution engendrée. Un article intéressant ICI

Reparlons de pollution maintenant; je me pose la question de ce qui vaut mieux pour l’atmosphère: à pollution globale égale (qui est évidemment trop importante), vaut-il mieux plusieurs zones bien précises où la pollution est tellement importante que sont mises en place des mesures (source Airparif en Ile-de-france) si drastiques qu’elles engendrent des décisions comme par exemple l’interdiction à la moitié des véhicules de circuler certains jours; ou alors une production de gaz à effet de serre plus diffuse et répartie sur une surface plus grande? Mon intuition me dit que l’absorption des gaz est plus efficace si le volume d’air de « prise en charge » est plus grand…

Nous reviendrons sur l’aspect environnemental plus loin, puisqu’il est en lien avec d’autres points.

Maintenant, parlons d’un sujet en vogue actuellement: le bio!

Je suis partisan du développement de l’activité bio qui consiste à produire des produits alimentaires plus sains et en particulier pour nos enfants. J’encourage d’ailleurs le développement de la part de bio dans les cantines scolaires par exemple. Néanmoins, n’est-ce pas légèrement contradictoire d’avoir à produire du bio, mais faute de ne pouvoir le faire à proximité, d’avoir à importer ces produits et qu’ils fassent des centaines, voire des milliers de kilomètres depuis la France ou même de l’étranger?

La répartition de la population actuelle sur notre territoire n’est pas propice à ce mode de consommation sans un impact contradictoire sur notre environnement… Un article intéressant ICI

circuitcourt

2) Economie locale: la lutte pour la proximité

Un article récent et local du PaysBriard résume bien une partie importante de ce sujet ICI

Comment faire tenir les commerces et la production locale quand tout un système incite à la centralisation des activités autour des pôles économiques que sont des grandes villes telles Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux… ?

Certaines solutions compensatoires qui se veulent temporaires sont d’ailleurs parfois surprenantes: comme ICI

Malheureusement, la population suit l’activité économique et réciproquement.

D’où ces différences à la fois en quantité de population autant qu’en productivité.

Exemple:

  • Ile-de-France avec + de 10Millions d’hab pour un PIB de presque 30%
  • Bourgogne-Franche-Comté avec – de 3,5Millions d’hab pour un PIB de 3,5%

D’autre part si l’on considère le coût du transport nécessaire à l’acheminement vers les régions les plus peuplées comme l’Ile-de-France ou la région Auvergne-Rhône-Alpes par exemple, alors on rentre en concurrence directe avec les productions à l’étranger. La suite, on la connaît…

Une petite remarque tout de même, je ne pense pas que, tous paramètres égaux par ailleurs, la quantité croissante d’entreprises fonctionnant quasi-exclusivement grâce à internet ait un besoin fondamental et lié à son activité d’être basée à l’intérieur de ces mégapoles. Pour préciser, si l’on décidait de décentraliser nos activités et la population qui va avec, de très nombreuses entreprises pourraient transiter sans effectuer de métamorphose trop lourde. A condition d’avoir le bon Fournisseur d’Accès Internet bien sûr, et que ceux-ci continuent de développer leurs réseaux 😉

Là encore, l’aspect centralisateur et de concentration de population ne me parait pas une situation d’avenir positive et un choix différent serait possible !

3) Logements: manque d’un côté et désertification de l’autre

Il suffit de quitter un peu la région parisienne ou d’autres grandes villes en France et de se balader ailleurs dans des petites communes rurales pour faire ce constat.

Récemment, nous étions avec ma femme dans sa région d’origine en Bretagne et nous avons été tous les 2 assez choqués en faisant la triste découverte du nombre de pavillons vides et à l’abandon! Oui à l’abandon! Des vitres brisées et des portes parfois entrouvertes… De jolies maisons dans des petites villes tout à fait charmantes et pourtant, un constat saute aux yeux: la désertification! Personnellement, un constat assez amer en rapport avec ma vie en Ile-de-France, et pour ma femme, même si elle a aussi grandi en Ile-de-France, une certaine tristesse de voir cette région à laquelle elle tient beaucoup ainsi délaissée par la population. Des centre-villes qui n’ont à priori pas grand chose à envier à Lagny dans leur potentiel, et pourtant de trop nombreuses enseignes fermées et peu de gens dans les rues.

avendre

Alors oui! Il y a un décalage entre ce que l’on connaît en Ile-de-France avec ce manque de logements qui est devenu au fil des décennies un sérieux problème de société. Je prends ici comme exemple le temps d’attente moyen pour obtenir un logement social en France sur cette carte:

logements

Alors résumons, s’il on parle d’un point de vue global sur la France entière, le problème de logements n’est plus forcément un problème de logements dans l’absolu, mais un problème de logements à certains endroits précis en rapport avec une vie économique trop localisée dans et en périphérie des grandes villes. J’en arrive même à me demander, si nous avions la liberté de répartition de la population, s’il n’existe pas en France assez de logements pour loger tout le monde. Et oui! Je pense qu’il y a débat…

4) Santé: sous-dimensionnement et financement

Reparlons d’abord un peu d’environnement et en particulier de pollution et d’une de ses conséquences sur la santé.

Il est évident que la façon dont est concentrée la population à l’intérieur et autour des plus grandes communes implique une chose: une émission de gaz en tous genres extrêmement importante à des endroits où la population s’amasse. Je peux vous dire que travaillant moi-même à la tour de contrôle de Roissy CDG, les jours de beau temps, la vue de Paris depuis le haut de la Tour située la plus au sud n’est pas des plus ragoutantes… Un nuage jaunâtre surplombe Paris et sa banlieue proche. Et récemment, la qualité de l’air était assez déplorable et si vous êtes un peu sensible côté respiratoire, je suis sûr que vous l’avez senti.

Alors oui, la conséquence trop importante d’activité et de population engendre des problèmes de santé. Conséquence environnementale aussi bien que problème sanitaire.

Passons au problème de sous-dimensionnement de nos services de santé en comparaison de la population.

D’un côté vous avez des médecins généralistes ou spécialistes totalement surchargés,

medecinsurcharge

des RDV de plus en plus difficiles à avoir et des délais de plus en plus long pour se faire soigner dans les zones les plus peuplées.

Et de l’autre en ruralité, un désert médical que de très nombreuses communes et régions essaient de combattre.

Certaines communes ou régions se retrouvent même à devoir financer et aider matériellement les médecins afin de les motiver à s’installer dans les communes plus rurales. Comme la commune de Vienne en Val qui est passée par cette petite annonce pour trouver 2 médecins:

 

Voilà pour le point de vue que je voulais partager avec vous. N’hésitez pas à faire vos commentaires. Il y a largement place au débat et je suis ouvert…

#Densitépopulation #PIB #France

https://michalopez77.wordpress.com

 

 

 

 

 

Une réflexion sur “Le futur dépend de notre capacité à décentraliser

  1. A reblogué ceci sur Objectif Lagnyet a ajouté:

    Je repartage mon article sur la nécessité de décentraliser. Nous arrivons au bout d’un système qui nous a mené à la situation d’aujourd’hui. En particulier, la situation personnellement vécue il y a quelques jours auprès de notre médecin familial parti à la retraite. Alors que notre médecin faisait parti d’un cabinet médical local, aucune disponibilité ou même suivi de dossier auprès d’un collègue du cabinet. Du coup, obligation de repartir à 0 à la recherche d’un nouveau médecin pour ma famille… Un exemple parmi d’autres qui confirme une chose: la commune de Lagny, comme sûrement beaucoup d’autres en Île de France, n’est pas prête à intégrer une augmentation de population induite par toutes les constructions de logements. Le logement qui s’entasse à tout prix en banlieue trouve maintenant sa limite. Lagny doit faire un travail titanesque sur différents sujets pour tenter de fluidifier cette intégration forcée. Michael LOPEZ, conseiller municipal pour Objectif Lagny

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